L'enfant des lions

L’enfant des lions : Avant/Après #02

C’est parti pour un nouvel aperçu des corrections effectuées lors de la dernière phase de mon cycle pour L’enfant des lions !

Chapitre 2

Dans cet extrait, Marco s’aventure dans les rues au milieu de la nuit, en plein couvre-feu. Mieux vaut ne pas se faire prendre par les Gardiens…

Avant

La nuit est silencieuse, à part l’harmattan qui siffle dans les branches des baobabs. La lumière est bizarre aussi. Les rues sont éclairées par des lampadaires – quand ils ne sont pas grillés. Il fait sombre, mais on y voit quand même un petit peu. Un peu plus, et Marco pourrait imaginer se promener dans une ville fantôme.
Une fois seulement, il est obligé de se cacher dans l’ombre d’une maison en entendant les Gardiens approcher. Ils ne sont que deux, et ils se contentent de discuter en marchant. Ils ne regardent même pas autour pour vérifier qu’il n’y a personne dehors. Ils doivent avoir trop l’habitude qu’il ne se passe rien la nuit.
Marco arrive enfin au niveau du grillage. Le Mur est là, à cinquante mètres, encore plus impressionnant la nuit que le jour, avec les lampadaires qui le font paraître tout blanc. Le garçon est sur le point de passer dans le trou du grillage quand il entend un drôle de bruit. Aussitôt, il s’immobilise. Des Gardiens ? Il regarde un peu tout autour, mais il ne voit rien. Il a dû rêver.

Les soucis

Comme me l’ont signalé mes bêta-lectrices, ce passage souffre d’un manque de tension ; cette infraction au couvre-feu ressemble beaucoup à une petite promenade de santé. C’est lié notamment à l’utilisation du « tell », particulièrement dans le passage qui évoque le moment où Marco a dû se cacher. L’information est donnée en passant, sans détails. Pire, elle est donnée comme a postériori ; avant même de dire ce qui s’est passé, on sait que ça n’a eu lieu qu’une fois, et que le garçon est déjà sorti d’affaire. Ou comment tuer le suspense dans l’œuf.

Autre problème qui va de pair : Marco devrait être angoissé, mais on ne ressent pas beaucoup d’émotion, pas plus qu’on ne perçoit le risque couru ou l’oppression du gouvernement. Ce manque d’émotion est un problème récurrent dans les chapitres écrits du point de vue de Marco. C’est lié en partie à sa personnalité : il s’agit d’un garçon plutôt posé et réfléchi, qui intériorise pas mal, du coup j’ai aussi tendance dans la narration à ne pas insister sur ce qu’il ressent – du coup, le lecteur a bien du mal à le percevoir.

Les corrections

Pour régler ces deux problème d’un seul coup, une seule recette : du « show » ! J’ai décidé de montrer l’épisode où Marco doit se cacher, en live, ce qui permet de développer davantage ses émotions en la circonstance, et donc de faire ressentir la tension au lecteur. Au passage, c’est aussi l’occasion d’illustrer d’autres choses, comme l’affection de Marco pour les animaux, très importante pour la suite, ou l’attitude des Gardiens. J’ai aussi veillé à distiller davantage d’émotions au fil du texte.

Après

La nuit est silencieuse, à part l’harmattan qui siffle dans les branches des baobabs. La lumière est bizarre aussi. Les rues sont éclairées par des lampadaires, quand ils ne sont pas grillés. Il fait sombre, mais pas au point de ne rien voir. Un peu plus, et Marco pourrait imaginer se promener dans une ville fantôme.
Brusquement, des bruits de pas le tirent de ses pensées. Des Gardiens ! Affolé, Marco tourne sur lui-même pour repérer une cachette. Là, une paillotte dans une cour ! Le garçon se précipite vers la petite construction et s’allonge derrière ses demi-murs en terre. Aussitôt, un chien se met à aboyer de l’autre côté de la cour. Misère de misère !
Les Gardiens sont tout proches maintenant. Marco aperçoit la lueur de leur lampe qui balaye la cour, et par un petit trou dans le mur il distingue clairement les deux uniformes rose et orange, à quelques pas à peine de la paillotte. Et ce chien qui ne se décide pas à se taire ! Le garçon retient sa respiration, paniqué. Il va se faire repérer !
— Encore ce cabot ! grogne soudain un des Gardien.
— Je vais le faire taire, tu vas voir, réplique l’autre.
Quelques secondes plus tard, Marco entend une pierre s’écraser contre le mur auquel le chien est attaché. La pauvre bête aboie de plus belle. Le garçon serre les dents. Il déteste les gens qui font du mal aux animaux. Les deux Gardiens s’amusent encore quelques minutes à bombarder le chien de pierres, puis se décident enfin à s’éloigner en riant.
Marco attend quelques minutes, pour leur laisser le temps de s’éloigner, et aussi pour se calmer. Il prend ensuite quelques secondes pour s’assurer que le chien n’est pas blessé, et repart en direction du Mur.
Il arrive enfin au grillage. Le Mur est là, à cinquante mètres, encore plus impressionnant la nuit que le jour, avec les lampadaires qui le font paraître tout blanc. Le garçon est sur le point de passer dans le trou du grillage quand il entend un drôle de bruit. Aussitôt, il s’immobilise. Encore des Gardiens ? Pourvu que non, il n’y a aucune cachette à proximité ! Il regarde tout autour, le cœur battant, mais il ne voit rien. Il a dû rêver.

La semaine prochaine, je vous proposerai un petit bilan de mes lectures de Juin, on se retrouve donc dans deux semaines pour un nouvel Avant/Après !

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2 commentaires sur “L’enfant des lions : Avant/Après #02

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