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Chronos ~ Présentation

Voilà déjà plusieurs mois que je travaille sur un projet un peu spécial, puisqu’il est écrit à quatre mains avec mon mari, et que nous participons au concours de romans de la maison d’édition Planètes Orphelines. Les abonnés à ma newsletter en ont déjà entendu parler, mais j’ai décidé qu’il était temps d’en faire une présentation en bonne et due forme sur ce blog…

Qu’est-ce que ça raconte ?

Un collectionneur invétéré, un vaisseau qui cache bien son jeu et une illuminée sortie d’un caisson de survie. Il faut au moins ça pour oser défier les lois de l’univers. Quand le cosmos se retrouve enfermé dans une bulle de temps, échapper à ses poursuivants devient tout de suite plus compliqué…

Pour ceux qui aiment :

  • Le space opera
  • Se faire des nœuds au cerveau avec la théorie de la relativité
  • Collectionner tout et n’importe quoi

Vous n’y trouverez pas

  • De sabres laser
  • D’intelligence extra-terrestre
  • La sortie ?

Mais encore ?

Comme je l’expliquais, il s’agit d’un projet commun avec mon mari ; du coup, on sort légèrement de ma zone de confort : pas de doudous au programme…

La principale particularité de ce roman, c’est l’univers ; en effet, ici, il n’est pas infini, mais limité par des variations temporelles. Au centre, le temps s’écoule à vitesse grand V ; il ralentit progressivement à mesure qu’on s’en éloigne, jusqu’à s’arrêter totalement, formant par là-même une barrière infranchissable. Au milieu de tout-ça, une petite équipe de bras cassés à bord d’un vaisseau de bric et de broc tente tant bien que mal d’échapper à l’attention du redoutable Empire Kathéen – mais le sauvetage d’une mystérieuse jeune fille à bord d’un caisson de survie abandonné va mettre leurs efforts en péril…

Avec ce projet, nous participons au concours de romans de la maison d’édition Planètes Orphelines, dans le cadre duquel nous bénéficions d’un accompagnement personnalisé pour le développement du roman. La trame est dores et déjà bien posée, il reste à aller dans le détail des scènes, puis à passer à la rédaction à proprement parler.

Un petit extrait ?

Voici le début du prologue, qui se déroule environ vingt ans avant les évènements racontés dans le roman.

— Ça alors, c’est quoi ce truc ?

Fanch lança un regard en coin à Boleslas, assis sur le fauteuil à sa gauche, mais ne dit rien. C’était au moins la cinquième fois que l’artilleur posait la même question – à laquelle personne n’avait de réponse. Un soupir exaspéré de Liesel sur la droite l’informa qu’il n’était pas le seul à en être agacé.

Quoique, à bien y réfléchir, c’était peut-être le tapotement des doigts mécaniques de Waldo sur le dossier de son fauteuil, juste derrière la tête de Fanch, qui irritait le plus le jeune capitaine du Frangeur. Il s’obligea à ignorer le petit bruit obsédant et redirigea son regard vers l’énigme qui s’affichait de l’autre côté de la baie d’observation.

De toute évidence, ce « truc » était un vaisseau spatial, mais d’un genre qu’aucun d’entre eux n’avait encore jamais vu.

Une perle d’un blanc nacré au milieu de l’écrin noir de l’espace. Il était impossible de distinguer l’avant de l’arrière du vaisseau, parfaitement sphérique. Seul point de repère pour définir un sens, une spirale à neuf branches d’un noir profond striait la coque de larges rainures. Le bâtiment avait dû être magnifique. Non, il l’était encore. Malgré les nombreux débris qui gravitaient autour. Malgré l’immense faille qui l’ouvrait en deux morceaux inégaux, exposant ses entrailles à l’immensité du vide.

Le plus vexant, c’était que même comme ça, il avait l’air plus neuf que le Frangeur.

« Analyse terminée » annonça enfin Eusebia. « Cette technologie m’est totalement inconnue. »

— Impossible ! s’exclama Waldo. J’ai remis ta base de données à jour il y a deux semaines.

— Il peut se passer beaucoup de choses en deux semaines, remarqua Liesel.

Fanch acquiesça en silence à la réflexion de sa copilote. Deux semaines dans le Méridien correspondaient à une cinquantaine d’année sur Agarion, sa planète d’origine. Il n’osait imaginer combien de temps cela représentait sur une planète située plus loin encore dans le Pôle – là où l’empire kathéen avait installé ses labos de recherche.

— À ton avis, Eusebia, demanda-t-il, ça pourrait être une nouvelle invention kathéenne ?

« J’en doute. Vous tireriez sur votre propre vaisseau ? »

Le capitaine fronça les sourcils. Des tirs ? Il se pencha légèrement sur son fauteuil, comme si les centimètres gagnés pouvaient changer quelque chose à la netteté des détails. Il grimaça en constatant que l’I.A. disait vrai. Tout à son observation des formes inhabituelles du vaisseau, il n’avait pas remarqué les traces d’impact, caractéristiques des armes laser utilisées par l’empire. Après toutes ces années passées à servir dans la légion, il avait pourtant – théoriquement – assez d’expérience pour les reconnaître instantanément…

— J’aurais dû le voir tout de suite, s’exclama Fanch.

« Oui, vous auriez dû. »

Boleslas sourit, tandis que Liesel se retenait à peine de rire. Fanch pinça les lèvres.

— Waldo, j’ai l’impression qu’Eusebia ne m’aime pas beaucoup.

— Non, non, mon capitaine, se dépêcha de dire le technicien. Ses circuits sont un peu vieux, c’est tout. Du coup, ses réglages de personnalités ne sont pas très stables.

— Ouais, dit Fanch sans conviction. J’ai quand même l’impression qu’elle se déstabilise souvent contre moi. Et ce serait sympa que les deux autres arrêtent d’encourager l’I.A. en gloussant à chacune de ses piques.

— Oui, mon capitaine, clama Liesel, en se ressaisissant aussitôt.

— Désolé Fanch, répondit Boleslas.

Le capitaine esquissa une moue désabusée. Il était loin d’égaler l’autorité charismatique de son lieutenant dans la légion…

— Bref, revenons au vaisseau. S’il s’est fait attaquer par des Kathéens, peut-être que…

— Ce n’est pas mokân, le coupa Boleslas, catégorique.

— Non, c’est sûr, renchérit Waldo. Ça manque trop de tentacules pour ça…

Fanch ferma les yeux, désespéré. Si ça dégénérait en débat génétique versus robotique, il les larguerait dans l’espace ! Heureusement, Boleslas ne releva pas la pique, et se contenta d’ajouter le plus naturellement du monde :

— Et c’est bien trop joli pour être yaantrik.

— L’esthétique, c’est bon pour les biologiques, grommela Waldo.

— Perso, j’ai jamais trouvé les tentacules hyper sexy non plus, commenta Liesel. Sans vouloir t’offenser, Bol.

— Donc ! s’exclama Fanch en haussant le ton.

Il laissa passer une seconde, histoire de s’assurer qu’il avait récupéré l’attention de tout son équipage, et reprit en s’efforçant de masquer son exaspération :

— … si ceci n’est ni mokân, ni yaantrik, ni kathéen, il nous reste quoi ?

Il connaissait déjà la réponse : rien. Le silence qui suivit ne fit que le confirmer.

— Eusebia, tu es vraiment sûre que ça ne peut pas être kathéen ? Il aurait pu y avoir une mutinerie…

 « Oui capitaine. Après vérification dans ma base de données, que mon cher Waldounet a soigneusement mise à jour, aucune des technologies à bord ne ressemble de près ou de loin à quoi que ce soit de connu. »

Fanch tourna la tête en direction de Waldo.

— Mon cher Waldounet ? dit-il d’un ton moqueur.

Le technicien rougit et braqua soigneusement ses optiques en direction d’une tâche au plafond.

Aucune technologie connue… Le seul début d’explication que Fanch pouvait entrevoir, c’était la proximité de la zone interdite. Allez savoir ce que l’empire cherchait à cacher à l’univers. Une chose était sûre, tout ce qu’ils pourraient récupérer sur le vaisseau serait très rare. Un beau pactole en perspective…

— Eusebia, y-a-t-il un signe quelconque d’activité dans l’épave ?

« Absolument aucun. »

Il se décida.

— Bon, on n’a plus qu’à aller voir de plus près… Liesel, prépare la navette.

— Oui capitaine !

Elle bondit avec enthousiasme hors de son fauteuil.

— Je reste sur le Frangeur ! s’exclama aussitôt Boleslas.

Fanch acquiesça, guère surpris. Le grand artilleur ne s’éloignait jamais longtemps de son fils – et encore, seulement quand le petit faisait sa sieste sous la surveillance attentionnée de sa raie spatiale.

— Tiens-toi prêt à venir nous chercher en cas de problème.


Image : Pixabay

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6 commentaires sur “Chronos ~ Présentation

  1. Ohhhh, j’ai adoré cet extrait, si j’avais eu le livre, j’aurais continué à lire !! Les personnages sont déjà bien individualisés, hâte d’en savoir plus ! J’avais compris que peut-être ce projet serait arrêté pour l’instant, je me réjouis si ce n’est pas le cas.
    Bonne continuation à tous les deux ! ♥

    Aimé par 1 personne

  2. Oh la la un projet à 4 mains en couple ! Plein de courage et d’énergie pour le mener à bien. j’ai cru comprendre que le projet était très exigeant en terme de préparation, mais je suis sûre que ça vaut le coup !

    Aimé par 1 personne

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