L'enfant des lions

Le frère des lions : Avant/Après 04

Voici – enfin – l’article promis sur le petit truc qui m’a permis de supprimer plus de dix mille caractères de mon roman sans le moindre effort ! (et pas loin de vingt mille avec un tout petit peu plus de réflexion)

Pour cette fois-ci, je ne peux pas vous proposer vraiment d’extrait d’un bloc, car il s’agit de quelque chose d’assez diffus ; voici donc quelques petites phrases choisies pour illustrer tout ça…

Avant

Au lieu de céder, Fany se met à pleurer. Marco ne se fait pas avoir : il sait qu’elle est très douée pour faire semblant d’être en larmes.

Il doit tirer Fany pour qu’elle se mette aussi debout. Puis il l’entraîne jusqu’à l’endroit où ils dormaient au début de la nuit. La fillette se laisse faire sans rien dire, elle se contente de continuer à sangloter.

Il commence à marcher vers la porte, et aussitôt Boubou se met dans son chemin.

Il s’installe à genoux devant le banc, pour faire comme si c’était une table, et prépare tout ce dont il a besoin pour commencer la réparation.

Fany se met à sourire. Marco est encore plus fort que ce qu’elle croyait !

Il pleure sans faire de bruit. Fany fait la moue. Comment on fait pour consoler un grand garçon quand on n’est qu’une petite fille ? (…) Fany lui fait un sourire et lui tend son doudou.

Marco décide d’ignorer le regard méfiant du lion et sort de la maison. Il hésite un peu puis prend la direction de l’endroit où Papa dormait ce matin.

Le soucis

Vous avez trouvé ? Beaucoup de verbes inutiles dans tout ça ! J’ai une grosse tendance à abuser des « commencer », « recommencer », se mettre à », « continuer », « décider de », « devoir », « pouvoir », etc. Généralement associés à un autre verbe, qui bien souvent, pourrait tout à fait se suffire à lui-même. Le problème est double : d’une part, ça fait beaucoup de répétitions (je réussis parfois à caser deux « commencer » et un « recommencer » dans le même paragraphe de deux phrases… et même si les répétitions ne sont pas si proches, à la longue on ressent la quasi omniprésence de ces verbes). D’autre part, ça donne des phrases lourdes sans forcément apporter grand chose de pertinent au sens.

Problème assez similaire, j’ai tendance à beaucoup utiliser le verbe faire dans « faire un sourire », « faire une grimace », etc, Mes bêta-lectrices m’ont aussi signalé un abus de « un peu », qui vient atténuer très souvent les actions de mes personnages sans aucune utilité.

Les corrections

Il m’a suffit en premier lieu de faire une recherche sur le document avec les fameux verbes incriminés, et de purement et simplement les supprimer dans la majorité des cas. Et encore, j’ai été très laxiste, lors de cette étape j’en ai laissé une bonne moitié dont la présence me paraissait justifiée.

Le reste s’est fait au fil des corrections chapitre par chapitre. J’ai réalisé que dans la moitié laissée, il y en avait encore pas mal qui pouvaient en fait être juste supprimés. Dans les autres cas, une simple reformulation permettait souvent de conserver l’idée tout en évitant la répétition. Il en reste encore, bien sûr, car parfois ils apportent réellement une nuance intéressante au récit, mais ils sont maintenant beaucoup moins nombreux.

Après

Au lieu de céder, Fany éclate en sanglots. Marco n’est pas dupe : il sait qu’elle est très douée pour simuler les larmes.

Marco entraîne doucement Fany jusqu’à l’endroit où ils dormaient au début de la nuit. (…) La fillette se laisse faire sans rien dire, sans cesser de sangloter.

Il se dirige vers la porte, et aussitôt Boubou lui barre la route.

Il s’installe à genoux devant le banc, comme si c’était une table, et prépare tout ce dont il a besoin pour la réparation.

Fany sourit. Marco est encore plus fort que ce qu’elle croyait !

Il pleure sans bruit. Fany fait la moue. Comment consoler un grand garçon quand on n’est qu’une petite fille ? (…) Fany sourit et lui tend son doudou.

Marco ignore le regard méfiant du lion et sort de la maison. Il hésite puis prend la direction de l’endroit où Papa dormait ce matin.

Pour la prochaine fois, je m’attarderait sur les problèmes liés au point de vue de Fany !

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5 commentaires sur “Le frère des lions : Avant/Après 04

    1. C’est surtout intéressant si tu as tendance à abuser de tous ces verbes comme moi ^^ Parfois je réussis à en imbriquer trois ou quatre pour décrire une seule action o_o Ceci dit, je suis plutôt contente, j’ai l’impression que le cycle m’a aidé à corriger ce défaut dès l’écriture du premier jet. J’en trouve beaucoup moins dans Flammèche, par exemple.

      Aimé par 1 personne

      1. Bien sûr que ça m’arrive, ça arrive à tout le monde, non ? En tout cas, moi aussi j’ai remarqué que lorsqu’on me faisait remarquer un « tic d’écriture », j’avais tendance à moins y recourir ensuite, ça fait plaisir (et ça fait gagner du temps en correction. 😉 ) C’est quoi « Flammèche », je n’ai pas suivi ?

        Aimé par 1 personne

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