Oniris

Rencontre avec Viviane

Voilà bien longtemps que je n’ai pas posté d’extrait… Pour remédier à ça, voici la dernière portion que j’ai recopiée à l’ordinateur de l’épisode 2 d’Oniris. Le vrai début des ennuis pour les trois Prétendants… Bonne lecture !

Svetlana étouffa un bâillement. Passer la moitié de la nuit à explorer les passages secrets avec Nenitef n’était peut-être pas une si bonne idée que ça. D’un autre côté, elle s’était bien amusée. Surtout au moment où l’autre type en robe à paillette avait failli les surprendre. Ce trip onirien était décidément la meilleure chose qu’il lui soit arrivée depuis des années. Après ça, même KaZantip risquait de paraître fade… Le plus triste était qu’elle n’avait aucune chance convaincre Ivanka de tout ça.

— Vous vous sentez- bien ? demanda brusquement Dame Isabeau.

Svetlana réalisa qu’elle était en train de s’étirer sans distinction aucune. Plusieurs femmes, qui attendaient avec elles que Dame Viviane daigne se présenter dans son petit salon, la regardaient avec réprobation.

— Le réveil est difficile, c’est tout, répondit-elle avec un petit rire. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit…

— Ah bon ?

— Non, je me suis un peu baladée dans le château, et…

Elle fut interrompue par la soudaine ouverture des portes. Toutes les personnes présentes se levèrent pour accueillir la princesse, flanquée de quatre – non, plus… une bonne dizaine de soldats en armure. Un peu parano, songea Svetlana avec amusement. Mais les chuchotements intrigués qui parcouraient la pièce la firent rapidement changer d’avis. Il se passait quelque chose d’anormal…

Le visage fermé, Dame Viviane parcourut du regard les personnes présentes, jusqu’à s’arrêter sur Dame Isabeau. Elle marcha jusqu’à elle d’un pas autoritaire et demanda sèchement :

— Chère cousine… J’imagine que c’est là la fameuse Dame Svetlana que vous teniez à me présenter.

— Heu… oui… balbutia Isabeau.

Le regard de la princesse se planta dans celui de Svetlana. La jeune fille frissonna, mal à l’aise. Les yeux de Viviane étincelaient de rage. Une rage froide, perceptible également dans ses lèvres pincées et la raideur de son maintien. Et dans la formidable énergie qui bouillonnait autour d’elle, invisible mais pourtant bien réelle.  Svetlana sentait ses poils se dresser sur sa peau, comme si elle baignait dans l’électricité statique. Elle se rappela brusquement que la princesse était magicienne. Une femme dont on ne voudrait surtout pas être l’ennemi.

— Reconnaissez-vous ceci ? demanda Dame Viviane en montrant un objet présenté par l’un des soldats qui l’accompagnaient ?

Svetlana haussa les sourcils, étonnés.

— Oui, c’est un des sabres de Joaquim, mais…

Mais à qui était ce sang qui maculait la lame ?

— Où étiez-vous cette nuit ? enchaîna la princesse.

Svetlana hésita. Mentionner son escapade nocturne lui paraissait soudain une très mauvaise idée. Heureusement, Isabeau vint à sa rescousse.

— Elle était avec moi.

Isabeau devint brusquement le point de mire de tous les regards. Svetlana s’autorisa un léger soupir de soulagement. Elle n’était pas fâchée de ne plus subir le regard glacial de la princesse.

— Vraiment ? demanda cette dernière.

— Oui, répondit Isabeau. J’ai été souffrante toute la nuit, et Dame Svetlana a eu la bonté de rester à mon chevet.

Le silence se fit, pesant, pendant que Viviane décidait de la suite à donner à une pareille affirmation. Oserait-elle mettre la parole de sa propre cousine en doute ? Au bout de quelques secondes qui parurent une éternité, elle lâcha un laconique :

— Fort bien.

Sans prévenir, elle fit volte face et quitta la pièce d’un pas rapide, les soldats sur les talons. Dès qu’elle fut partie, les murmures s’élevèrent à nouveau, chacun y allant de son commentaire ou de sa supposition.

Svetlana se tourna vers Isabeau pour la remercier de lui avoir sauvé la mise – après tout, rien ne l’y obligeait – mais elle s’arrêta en voyant son visage décomposé. L’espace d’une seconde, elle eut l’impression de voir des reflets bleutés poindre sous sa peau pâle. Comme pour elle-même, la jeune femme murmura :

—  Il faut que je voie Walat…


Image : Pixabey

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