Publié dans Flammèche

Le doudou

Comme promis, voici une très courte nouvelle écrite à l’occasion du dernier concours familial.

Comme d’habitude, il y avait un certain nombre de contraintes à respecter, à commencer par les mots suivants à placer obligatoirement dans le texte :

  •  Bob Marley
  •  aurore boréale
  •  elliptique
  •  berserk
  •  guéridon
  •  chirographaire

Il fallait également la présence d’une course-poursuite (en italique dans le texte).

En ce qui me concerne, j’avais un peu complètement oublié le concours, si bien que ma nouvelle a été écrite à la va-vite en vingt minutes juste avant la lecture devant le jury et les votes… Sans surprise, je suis arrivée bonne dernière, et c’est mon petit frère qui a raflé le paquet de bonbons.

Mais j’avais quand même envie de partager ce texte, parce qu’il met en scène deux personnages que j’avais déjà imaginés il y a un moment, sans les utiliser à l’époque, et que grâce à cette nouvelle je les réutilise maintenant dans mon projet d’écriture actuel. Il s’agit du doudou dragon Flammèche (qui s’écrit Flamèche dans cette nouvelle)(non, ce n’est pas un Pokémon, je ne savais même pas qu’il y avait un Pokémon avec ce nom là, je ne connais rien aux Pokémons) et de la princesse Mira. Ils ont évolué depuis, mais je me suis dit que ce serait une introduction sympathique…

Le Doudou

 On n’a pas idée de ce que c’est que d’être un doudou.

 Serré dans des doigts poisseux, oublié sous un guéridon, mouillé de temps à autres, et pas qu’avec de l’eau, et bien souvent, doté d’un nom ridicule du style Bob Marley ou Gobeur.

 Flamèche s’estimait malgré tout chanceux. Sa petite maîtresse, Mira, vivait dans un beau château avec ses parents le roi et la reine. A tout juste quatre ans, elle savait épeler sans se tromper  « chirographaire » et  « ornithorynque ». Et comme elle avait déjà compris qu’un jour elle gouvernerait le royaume, elle s’entraînait déjà avec ses peluches. Flamèche, favori des favoris, avait droit à divers privilège, comme celui d’observer les aurores boréales en sa compagnie, pendant que les nourrices la croyaient endormie.

 Mais cette vie idéale fut perturbée par un matin d’été pas plus beau qu’un autre, quand la rumeur au sujet d’un dragon arriva aux oreilles du roi.

 Au début Flamèche ne comprit pas bien le problème. Après tout, il était lui-même un dragon, en peluche certes, mais un dragon quand même. Il avait même une petite langue de feu en tissu.

 Puis il comprit que la chose n’était pas un dragon comme lui. Il s’agissait en fait d’une espèce de berserk, un homme transformé en dragon, qui se vengeait du monde entier en brûlant des chaumières et des carrioles.

 Le roi eut une idée…originale.

 — Je récompenserai celui qui nous débarrassera du dragon. Je lui donnerai la main de ma fille.

 Aussitôt Mira manifesta son mécontentement, hélas sans succès. Son insistance eut pour conséquence de la faire renvoyer dans sa chambre.

 Mais la princesse n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

 — Foi de Mira, puisque c’est comme ça, c’est moi qui irai m’occuper de ce dragon !

 La nuit tombée, elle et Flamèche se dirigèrent en catimini hors de la chambre, et parcoururent le couloir jusqu’au jardin elliptique.

 — Princesse, que faîtes-vous là ?

 La fillette s’immobilisa, surprise, en réalisant qu’elle avait été découverte. Puis elle réalisa qu’il ne s’agissait que de la vieille Berthe. Sans attendre, elle fila en courant. Elle avait une chance de lui échapper.

 Coincé sous le bras de sa maîtresse, Flamèche avait une excellente vue sur Berthe, tellement perdue dans ses centaines de jupons qu’elle s’y emmêlait les jambes ; le doudou était plutôt confiant : Mira avait toutes ses chances.

 Il cria – figurément parlant – de victoire quand la vielle Berthe disparut derrière un angle. Ils lui avaient échappé !

 Hélas, c’était sans compter sur Harold le garde, qui cueillit la princesse au passage à peine quelques pas plus loin.

 L’aventure s’arrêta là pour la princesse et son doudou. Disputée, privée de sortie et de desserts. Surveillée en permanence, bien sûr.

 Le dragon fut, hélas, capturé avant que le princesse ne trouve une échappatoire. Heureusement, ce fut par un vieux chevalier qui n’avait aucune chance d’être encore de ce monde quand la fillette serait en âge de se marier, donc d’une certaine façon, tout était bien qui finissait bien.

 Au moins Flamèche restait le seul dragon que sa petite maîtresse ait jamais connu…


Crédits image : dessin personnel, merci de ne pas réutiliser.

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Auteur :

Autrice et lectrice, je vous parle de mes écrits et de mes coups de cœurs.

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