Publié dans Oniris

Petit traité d’oniriologie #3 : Fabula

Après Sinouhé, il est temps de faire un petit détour par Fabula.

Fabula a été fondée au XVIIème siècle par Jean de la Fontaine. Elle est inspirée de l’univers des fables de la Fontaine ainsi que de la société française du XVIIème siècle (sous le règne de Louis XIV, donc).

Elle est peuplée par les Fabulés, qui présentent la particularité d’être tous des animaux anthropomorphisés.

La région

Fabula est une région qui évoque un peu le bocage normand, légèrement vallonnée avec de nombreux champs et vergers. Son architecture est assez typique : maisons à colombages de toutes les couleurs.

« Ils s’enfoncèrent d’un bon pas dans la campagne fabulée. Maintenant qu’ils avaient laissé la forêt-lisière de la région derrière eux, ils circulaient sur des routes pavées au milieu des champs. Quelques fermes ou moulins de tailles variées parsemaient le paysage, tous construits selon le même principe : une base en pierres, puis des murs à colombage, avec leurs pans de bois peints dans des tons vifs et un torchis couleur crème. Les toits étaient pour la plupart en chaume, à part pour certaines des plus grandes maisons qui s’accordaient le luxe de l’ardoise. Le soleil, moins fort qu’en Sinouhé, les réchauffait agréablement, comme une belle journée de début d’été. »

Les villages présentent la particularité d’être tous organisés autour d’une place centrale, où est dressée une fontaine. Chacune illustre l’une des fables, à l’exception de celle de la capitale, Fontania, qui représente le fabuliste lui-même, brandissant le Cœur de la région au dessus de sa tête.

La société

La société ressemble à la société française du XVIIème siècle : un roi, des nobles, des bourgeois, des paysans, etc. Différentes espèces animales sont représentées, relativement indépendamment de la situation sociale, même s’il y a quelques constantes. Ainsi, le roi est toujours un lion, et on trouve pas mal de fauves dans la noblesse, tandis que les rats font plus souvent partie du bas-peuple.Les Fabulés partagent tous un goût très prononcé pour les lettres et la musique. Fait notable, ils s’expriment toujours en alexandrins.

« Un chat se tenait debout près de la porte, une chope de bière à la patte. Il était vêtu d’une chemise passablement élimée et d’une longue culotte en drap brun. Un peu plus loin, un mouton à lunettes, un âne fumant la pipe et un rat chapeauté étaient attablés autour d’une partie de cartes. Une demi-douzaine de crapauds en nœud-papillon avait pris place sur une table, au milieu de laquelle trônait un plein bol de mouches mortes. Un septième batracien les rejoignait en bondissant sur une rampe qui partait du sol. Deux renards prenaient leurs aises à l’autre bout de la salle, en train de vider chopes sur chopes et de fumer le cigare.
[…] Après quelques secondes d’un silence embarrassant, un Saint-Bernard vêtu d’un tablier et portant un torchon sur l’épaule s’approcha d’eux.
La bienvenue à vous, bons amis voyageurs,
Du Loup et de l’Agneau, l’auberge vous accueille.
Allons, venez céans, ne restez point au seuil,
Gageons qu’ici entrés, vous trouverez bonheur ! »

Le Fondateur

Sans surprise, c’est Jean de la Fontaine (1621-1695), le célèbre poète français, qui a fondé cette société. Sa Course eut lieu vers 1643, année où naquit sa vocation poétique, vraisemblablement inspirée par son voyage en Oniris. Il a eu notamment l’occasion d’y découvrir l’origine des fables d’Esope, qui ont inspiré une grande partie de son œuvre. Par la suite, il partagea son temps entre les deux mondes.

Détail intéressant, Jean de la Fontaine a rédigé lui-même son épitaphe ; il semble y revendiquer une grande paresse, mais pour les personnes averties, l’allusion à Oniris est évidente :

« Jean s’en alla comme il étoit venu,
Mangeant son fonds après son revenu ;
Croyant le bien chose peu nécessaire.
Quant à son temps, bien sçut le dispenser :
Deux parts en fit, dont il souloit passer
L’une à dormir, et l’autre à ne rien faire. »


Crédits : bandeau de tête réalisé à partir d’une photo de Gregory Furter publiée sous licence CC BY-NC 2.0 et d’une illustration de Heinrich Leutemann ou Carl Offterdinger appartenant au domaine public.

Publicités

Auteur :

Autrice et lectrice, je vous parle de mes écrits et de mes coups de cœurs.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s