Oniris

Petit traité d’oniriologie #2 : Sinouhé

Voici une petite présentation de Sinouhé, première société visitée par les Prétendants dans l’épisode 1 d’Oniris.

 Sinouhé est l’une des plus anciennes sociétés d’Oniris. Elle a été fondée au XXème siècle av. J.C. par Amenâa. Elle est inspirée de l’Égypte antique, à l’époque du Moyen Empire.

Elle est peuplée par les Sinouhènes, des humains ordinaires, à la peau mate.

La région

Globalement, Sinouhé est une région désertique sillonnée par un grand fleuve, l’Itéru. Ce dernier jaillit de la grande pyramide d’Amenâa, dans laquelle se trouve le Cœur de la région. Il se déploie comme une spirale jusqu’à la ville de Men-Nefer, proche de la frontière, où il se déverse dans un bassin appelé l’Œil. La population vit sur les rives du fleuve, seuls endroits où l’agriculture est possible.

« Après une bonne heure de marche, ils finirent par arriver sur les rives d’un large fleuve, dont les quais étaient bordés d’échoppes en tout genre. Sur l’eau s’agglutinaient des embarcations de toute taille, depuis la petite barque en papyrus jusqu’au grand bateau en bois. Beaucoup d’hommes s’affairaient autour, occupés à charger des marchandises diverses. Non loin, une caravane de chameaux se préparait à partir.
— Le Nil ? hasarda Mathieu.
Nenitef le regarda en fronçant les sourcils, puis répondit :
— Ça c’est l’Itéru. Il sort de la grande pyramide d’Amenâa, et il traverse toute la région. Ici on est tout au bout, venez voir !
Il les entraîna vers la droite, le long des quais, jusqu’à une portion de muraille. Un escalier permettait de grimper jusqu’à son sommet. De là, ils avaient une vue imprenable sur les environs.
[…]Presque sous leurs pieds, légèrement sur la gauche, l’Itéru s’écoulait avec majesté et se déversait dans un grand bassin bordé de palmiers. Le centre de l’étendue d’eau formait un vaste tourbillon, comme si le bassin s’écoulait dans un trou assez grand pour y engouffrer l’un des bateaux chargés de pierres qu’ils avaient vus quelques minutes plus tôt.
L’image évoquait pour Mathieu celle d’un gigantesque lavabo en train de se vider.
— Ça c’est l’œil qui conduit au royaume d’Osiris, expliqua Nenitef. Les vivants n’ont pas le droit d’y entrer. Sauf ses prêtres, bien sûr. Mais en général, ceux qui descendent ne remontent pas.
— Tu m’étonnes, fit Joaquim en lançant un regard entendu aux deux autres.
Svetlana sourit, même si elle n’avait pas saisi les mots employés par le brésilien. L’intention était évidente, et la naïveté de Nenitef amusante. Néanmoins, Mathieu restait prudent. Ils avaient vu trop de choses impossibles depuis la veille pour rejeter d’emblée la présence d’un dieu dans les canalisations… »

La société

Sinouhé est un empire, dirigé par un pharaon. Il règne à Ouaset, la capitale. La région est divisée en nomes, ou districts administratifs, dirigés par des nomarques.
L’accès à l’instruction est limité : une très faible portion de la population sait lire et écrire. De ce fait, les scribes et les fonctionnaires occupent une place importante dans la société.
Parmi le peuple, beaucoup sont agriculteurs. On trouve aussi de nombreux artisans, comme les potiers ou bien les orfèvres.

Les femmes ont sensiblement les mêmes droits que les hommes, et peuvent même accéder à des positions de pouvoir. Néanmoins, le plus souvent, les hommes sont chargés de travailler pour assurer un revenu à la famille tandis que les femmes dirigent la maisonnée et s’occupent des enfants.

Les Sinouhènes vénèrent les mêmes dieux que les Égyptiens de l’antiquité. Leurs prêtres possèdent un pouvoir particulier. Ils utilisent l’énergie du Cœur pour réaliser des prodiges en rapport avec le domaine de prédilection de la divinité qu’ils servent. Un exemple avec les prêtres de Ptah, le dieu des artisans et des architectes.

« Une fois, le garçon avait vu l’un d’entre eux à l’œuvre, pour achever la construction de la pyramide au centre de la ville. Sur l’ordre du prêtre, les pierres préalablement taillées par des artisans s’envolaient et venaient se positionner exactement là où il le voulait. Évidemment, c’était très long : l’homme ne pouvait guère déplacer plus d’une centaine de pierres en une fois. Après cela, son pouvoir était épuisé, et il devait retourner passer des heures entières en prière dans le temple avant de pouvoir se remettre au travail. »

Les Sinouhènes craignent un peu les Rêveurs. Pour eux, notre monde correspond à l’au-delà, et les Rêveurs sont en fait les esprits de leurs ancêtres qui reviennent se balader dans le monde des vivants. Ils croient que si un Rêveur les voit (alors qu’en temps normal il n’ont pas conscience de ce qui les entoure) ou pire, leur parle, c’est le signe qu’ils vont rejoindre les morts dans peu de temps.

La mode s’inspire de celle qui avait court en Égypte.

« Lui et Svetlana faisaient tâche avec leur peau pâle, au milieu de tous ces gens qui avaient l’air moitié africains, moitié arabes. Joaquim aurait peut-être pu faire illusion, s’il ne portait pas cette atrocité jaune en guise de short. Encore que, couleur mise à part, c’était peut-être bien lui qui se rapprochait le plus de la mode locale : jupette blanche nouée à la taille par des lanières en cuir pour les hommes, longues robes moulantes qui démarraient sous la poitrine pour les femmes. Les enfants, pour leur part, avaient tous le crâne rasé, à l’exception d’une mèche de cheveux tressée sur un côté de la tête. »

Le Fondateur

Amenâa est, apparemment, l’auteur d’un très ancien texte intitulé Le conte du naufragé, et datant du Moyen Empire.

Dans ce conte, on raconte l’histoire d’un voyageur parti en mission pour son roi, et ayant fait naufrage. Il se retrouve alors sur une île enchantée, où rien ne manque, et où il fait la rencontre d’un serpent géant. Ce dernier le rassure sur le fait qu’un dieu l’a sauvé et que dans quatre mois, il sera secouru par d’autres marins. Alors que le voyageur promet de lui envoyer des cadeaux dès son retour chez lui, le serpent se présente comme le seigneur de Pount, un pays extraordinairement riche. C’est finalement lui qui donne de nombreux cadeaux au voyageur, pour qu’il les ramène à son roi.

Pourquoi Sinouhé ?

Le nom de Sinouhé est tiré d’un autre conte (Le conte de Sinouhé) datant du Moyen Empire, et dont l’auteur est inconnu. J’ai décidé de faire comme si Amenâa en était aussi l’auteur.

Je me suis aussi interrogée sur la possibilité de changer de nom pour Pount. En effet, ce pays, mentionné dans le conte du naufragé, revient régulièrement dans les écrits Égyptiens. Il semblerait qu’il s’agisse d’un vrai pays avec lequel l’Égypte faisait du commerce, mais qui n’a pas été identifié. La tentation était grande de le transposer sur Oniris, mais ça m’aurait obligée à transformer pas mal de choses dans la société. Je créerai peut-être une autre société appelée Pount, avec laquelle commercerait Sinouhé…


Crédits image : le bandeau de tête est une adaptation d’une photographie de Michel G., publiée sous licence CC BY-NC 2.0.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s